Visite du Pape en Afrique:
Le satanisme
ne passera pas, l’amour triomphera...
On
croyait que la maison de Dieu avait retrouvé son vrai visage en
1992, après le pardon exprimé par le Pape Jean-Paul II pour
la barbarie de l’esclavage. Hélas, pas encore ! Après
le plus gros mensonge du deuxième millénaire et l’une
des plus grandes offenses à l’idéal divin, l’Eglise
et particulièrement la branche catholique romaine semble déterminée
à continuer sa progression dans le tunnel. La première visite
du Pape Benoît XVI en Afrique, notamment au Cameroun et en Angola,
se présente comme l’occasion idoine pour évaluer l’Eglise
d’hier, d’aujourd’hui et le rôle de l’Afrique
dans la construction de l’Eglise du troisième millénaire.
L’instrumentalisation
de la Bible et des missionnaires dans la traite des esclaves et l’asservissement
des peuples noirs n’est plus à démontrer. Plusieurs
papes qui se sont succédés au Vatican ont encouragé
si ce n’est toléré les pratiques et politiques discriminatoires.
Les deux guerres mondiales et les chambres à gaz constituaient
certainement l’apothéose, une sorte de victoire du satanisme
à l’intérieur de l’Eglise chrétienne,
et confirmaient son échec dans la construction complète
de l’être humain. Ceux qui s’étaient crus supérieurs
et plus proches de Dieu parce qu’ils étaient de race blanche
se sont déchirés entre eux en races supérieures et
inférieures. Et tout ceci a confirmé que la vérité
se situe bien au delà des frontières humaines. Rien n’est
dans la race, la tribu, la religion ou le groupe établi, tout est
dans l’esprit.
Il
est regrettable que jusqu’à nos jours, plusieurs dignitaires
religieux s’obstinent à refuser de tirer des leçons
de l’histoire en participant réellement à la réconciliation
des êtres humains entre eux et avec leur Dieu, l’unique. En
effet, on ne peut que se réconcilier autour de la vérité
et donc toute réconciliation qui vaille implique au préalable
une rupture avec la perversion. On ne peut pas mettre dans le même
panier les bons fruits, ceux empoisonnés et les servir aux gens
qui ont faim et soif de vraie nourriture. En réintégrant
dans l’Eglise catholique romaine des évêques multipliant
des déclarations médiatiques désavouant le massacre
des Juifs pendant la deuxième guerre, le Pape Benoit XVI rompait
certainement avec cette vérité et tournait le dos à
une authentique réconciliation de l’Eglise. (Note : Les 4
évêques réintégrés sont des Lefebvristes.
Ils appartiennent à un mouvement fondé par le feu archevêque
Marcel Lefebvre, opposé à des réformes
de l’Eglise favorables au dialogue interreligieux. Tous avaient été
excommuniés en 1988 avec leur mentor.)
De même, il y a une prolifération de sectes (le mal organisé)
qui ne sauraient être confondues à des assemblées
religieuses et fédérées autour de l’Eglise
au nom d’une prétendue réconciliation. Nul n’ignore
que l’un des plus grands défis à relever par l’Eglise
du troisième millénaire est l’intégration de
différentes religions en une seule. On peut partager la même
langue et être divisé en centaines de tribus, tout comme
on peut s’exprimer en différentes langues et s’unir
autour du même Dieu, qui prône amour et respect de l’autre.
On peut aisément comprendre que les peuples de la terre, vivant
dans des aires géographiques différentes, ayant des histoires
différentes et affrontant des réalités différentes,
aient des façons différentes d’exprimer leur attachement
au très haut. Mais fondamentalement, toutes les religions procèdent
du désir d’édifier l’individu en le rapprochant
de la perfection spirituelle que représente Dieu. Ainsi, les religions
établies comme le christianisme, l’islam et le bouddhisme
se retrouvent autour de cet idéal et ne s’en éloignent
que lorsqu’elles sont infiltrées du démon, l’esprit
du mal qui a toujours été le plus grand ennemi de la paix.
Si l’on peut admettre que tout être humain est passible de
faillir, on ne peut à un moment donné se réclamer
à la fois de Dieu et du Diable. On ne peut servir deux maîtres
à la fois, sauf si l’on triche. Or, la vérité
a toujours été beaucoup plus forte que les mensonges. Dieu
est amour et patience mais est loin d’être fou et inactif.
Il nous parle et nous interpelle tous les jours au travers des expériences
vécues par nous-mêmes et par d’autres. Avec nous et
à travers nous, il transforme le monde et finit toujours par rétablir
sa justice. Il nous précède dans nos pensées, nos
plans, nos ambitions et son œuvre continue après nous.
A
la lecture des faits, il apparaît évident que l’engagement
du Pape Jean-Paul II en Afrique était beaucoup moins la conséquence
d'une certaine dette de l’Occident envers l’Afrique que celle
de sa rencontre avec la vérité. Une rencontre qui
impose un engagement osé et une ouverture nécessaire pour
réconcilier l’Eglise avec elle-même. Lorsqu’en
1942, le Philosophe J-B Obama parvient pour la première fois à
introduire les balafons dans l’Eglise camerounaise, il se doute
certainement que l’inculturation n’est pas seulement un mariage
de l’Eglise traditionnelle romaine avec la religion traditionnelle
africaine, c'est davantage un retour aux sources même de l’Eglise.
Les Communautés Noires ont joué un rôle fondamental
dans son développement par le passé et sont encore appelées
à jouer un rôle fondamental dans sa reconstitution. (Note:
La musique au rythme des balafons était considérée
par les colonialistes comme celle du diable.)
Or,
en Occident, où se situe le principal centre administratif de l’Eglise,
les temples chrétiens se vident au profit des temples païens
ou sataniques. En fait, l’absence de foi, le matérialisme
ainsi que les mauvais agissements des pasteurs ont fini par chasser les
fidèles des églises. Alors que l’Eglise en Afrique
a le vent en poupe, les puissances du mal sont en train d’inséminer
les mêmes maux en nommant à sa direction des religieux corrompus,
ayant pactisé avec le diable. Au Cameroun par exemple, on observe
une floraison de comportements pervers au sein du clergé. De l’affairisme
à la corruption en passant par les détournements, les abus
sexuels, l’homosexualité et la persécution de simples
fidèles, l’église au lieu d’être une maison
qui rassure devient une maison qui met en danger. On y note de plus en
plus un discours dual, pervers et des activités louches qui tendent
à accentuer le colonialisme spirituel. Il y a la multiplication
des statues, tableaux et autres représentations qui
donnent délibérément un visage blanc à Dieu.
Les laïcs engagés et autres fidèles sont poussés
à porter des vêtements valorisant les mêmes messages
de manière à idéaliser la race blanche et les couleurs
impérialistes. Au même moment, on les amène à
mépriser leur propre race, la couleur noire étant volontiers
assimilée à celle des mauvais, des personnes non vertueuses
et inhumaines. L’observateur vigilant remarque que d’un support
à l’autre, ces images, souvent accrochées aux murs
des salons, présentent un Jésus dont les yeux virent étrangement
voire dangereusement du brun au bleu aryen. (Note: Les Aryens sont présentés
comme des Blancs d’Europe du Nord, spécialement ceux aux
cheveux pâles et aux yeux bleus, que les NAZIS disaient supérieurs
aux membres des autres races.) Non content de donner des noms de missionnaires
étrangers à plusieurs de leurs investissements (église,
écoles, centres d’accueil et de santé), le clergé
catholique invite désormais aussi les croyants à vénérer
les présumés restes de saints européens !
Toutes
ces pratiques éloignent davantage du Dieu authentique, asservissent
mentalement, favorisent le paganisme, le fétichisme et, bien sûr,
ouvrent la voie au recrutement massif des franc-maçonneries.
Néanmoins,
cette Eglise dirigée depuis des décennies par un clergé
local a également eu des bâtisseurs engagés, qui ont
poussé à la conversion de nombreux citoyens. Aujourd’hui
encore, cette fibre noble existe et plusieurs signes permettent d’espérer
qu’avec la grâce divine, elle ne baissera pas la garde. Vu
la ferveur religieuse et le dynamisme continuant à animer le peuple
de Dieu partout en Afrique, il est certain que, malgré
les secousses, le satanisme n’aura point raison de la véritable
foi. Il va sans dire que le centre spirituel de l’Eglise globale
est en train de se déplacer du Nord au Sud et ceci ne sera que bénéfique
au monde. Les peuples africains ont depuis longtemps l’expérience
des situations difficiles, conflictuelles, ce qui les prépare mieux
à relever les défis présents et futurs. L'Afrique
est un modèle d’humilité, d’endurance et de
puissance qui ne peut qu’inspirer le peuple de Dieu à travers le monde et inciter à
des changements profonds. L’essentiel pour l’Eglise est de
retrouver l’esprit saint qui lui fait tant défaut.
Pour
finir, partageons une partie de la longue et riche expérience de
Meinrad Hebga (1928-2008), un autre fervent partisan de l’inculturation
et du dialogue interreligieux. C’est avant tout un missionnaire
catholique qui a consacré une bonne partie de sa carrière
à guérir spirituellement de nombreux souffrants à
travers le monde et à combattre les sectes.
Petit garçon déjà, durant les années 30, il
est marqué par les ségrégations sexiste, raciale
et confessionnelle régnant dans les missions chrétiennes
du Cameroun. Au pré séminaire d’Edéa, les élèves
noirs, traités en « boys nègres », devaient
servir à table, avec ses congénères, leur petit camarade
français, élève médiocre de sixième.
Un jour, le jeune Hebga reçu dans le dos un violent coup de pied
du Père Supérieur (français), qui le fit survoler
quatre marches de l’escalier et cogner sa tête sur la marche
du WC. Il souffrit de la colonne vertébrale et de la tête
trois années durant. Son crime? A cause d’une version latine
coriace, il avait servi la soupe un peu en retard à ses maîtres
irascibles... Jusqu’à la veille de son ordination en 1951,
il continue à avoir des rapports difficiles avec ses supérieurs,
dont un archevêque français faisant preuve d’un chauvinisme
primaire. Mgr Marcel Lefebvre se réjouit du fait que 100 000 Malgaches
aient été tués pendant une rébellion à
l’ordre colonial français. Lors d’importants services,
au lieu de parler du Christ, il passe son temps à fustiger les
résistances et à se féliciter des astuces utilisées
par les siens pour tromper, décourager et contrôler les populations
des régions occupées. Hebga fut tellement choqué
qu’il faillit renoncer au sacerdoce et même au christianisme
lorsqu’il tomba un matin sur un texte de la Bible « Le Christ
est-il divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié
pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisé
? » 1 Cor.1, 13. « La lumière était entrée
dans mon esprit, et la paix dans mon cœur. C’eût été
folie d’abandonner la foi au Christ à cause d’une simple
créature humaine. Je n’ai plus jamais eu cette tentation,
et j’ai eu l’occasion d’aider des congénères
à la vaincre… », Dit-il.
Ce
témoignage illustre bien la souffrance et la victoire sur la souffrance
des peuples noirs. Il va sans dire que tous les peuples de la terre souffrent,
mais il y a des souffrances qui détruisent. Celles par exemple
des bourreaux tourmentés par le feu de l’enfer et qui s’agitent
dans tous les sens ou même celles des victimes qui se laissent envahir
par la haine et l’obsession de vengeance. Il y a par contre des
souffrances qui libèrent, éclairent et procurent la vie
éternelle. Celle de Jésus par exemple, persécuté
et crucifié, mais dont l’esprit travaille continuellement
parmi les nations. De nos jours, chrétiens et non chrétiens
du monde entier s’unissent pour faire rayonner sa justice. Tous
ces gens qui placent l’amour de Dieu au centre de leur vie constituent
la nouvelle Eglise qui fera tomber les barrières de la haine et
de l’injustice. Sur les cendres du satanisme, s’élèveront
les murs de la maison sainte !
Bienvenue
à tous ceux qui viennent au non de Dieu!
www.wwafa.org,
16 Mars 2009
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